Couple indispensable au succès de la transformation digitale des entreprises, DSI et Métier n’ont pas toujours su avancer main dans la main. Pourtant près d’une entreprise françaises sur deux est “sensible” à l’approche DevOps et au partage d’un langage commun.

Il ne se passe plus une seule journée sans qu’il ne soit question, dans la presse ou au centre d’échanges professionnels, de la transformation numérique de notre économie et de ses impacts en cascade sur les entreprises. Les pouvoirs publics, les cabinets de conseils et les organisations patronales ne cessent de promouvoir la digitalisation des entreprises, présentée comme un des principaux leviers pour renouer avec la croissance.

Les sociétés françaises sont donc sous pression. Et elles accusent toujours un certain retard dans le domaine numérique. « Les citoyens français sont en avance sur bon nombre de pays quant à l’usage des outils numériques, mais les entreprises françaises n’ont pas cette avance, elles sont même plutôt en retard », déclarait récemment Philippe Lemoine, président du Forum d’Action Modernités et auteur d’un rapport de plus de 300 pages sur la transformation numérique de notre économie.

Une des raisons de ce retard s’explique par les difficultés techniques auxquelles sont confrontées les entreprises hexagonales dans le cadre de leurs projets de digitalisation. Plus elles descendent dans les couches basses du SI et plus les problèmes semblent s’accumuler. L’explication est simple : bon nombre de ces projets de digitalisation sont initiés par des entités sans réelles compétences techniques, comme les métiers ou la direction générale, en coordination plus ou moins étroite avec la DSI, mais sans réelle implication des équipes opérationnelles de production ou d’exploitation informatique.

Pourquoi cette mise à l’écart ? « Ce n’est pas forcément par manque de considération vis-à-vis de ce que la production pourrait apporter au projet. Bien souvent, la direction générale et la DSI préfèrent simplement ne pas les déranger dans leur travail quotidien qui est déjà une charge lourde et complexe, ponctuée quotidiennement par de nombreux processus à traiter rapidement », observe Michaël Tartar, co-auteur du livre « Transformation digitale : 5 leviers pour l’entreprise ».

La principale conséquence à ne pas impliquer la production est tout simplement de prendre du retard dans le projet de transformation digitale. « Le principal écueil est que la “greffe” ne prenne pas, c’est-à-dire que les nouvelles solutions ne soient pas totalement interopérables avec le SI », explique Bernard Schmitt, président de Lucernys. Les équipes de production doivent alors rattraper le projet comme elles peuvent. Et parfois même le reprendre dès le début.

Pour éviter cette situation, un nombre grandissant d’entreprises aborde leur projet de transformation numérique en collaboration plus étroite avec les équipes opérationnelles. Comme le démontrent de nombreux témoignages, elles ont réussi leur projet de digitalisation grâce à la participation active des équipes de production.

Dès lors comment faire collaborer les équipes de production et de développement ? Une solution de plus en plus retenue est d’exploiter l’approche DevOps. « Pour réconcilier DSI et CTO, la méthode DevOps propose de réaliser des petites évolutions régulières des solutions, plutôt que de réaliser de grands changements brutaux une fois par an. », explique Sébastien Preneta, Chief Technology Officer de Kisio Digital – Keolis. Selon une récente étude menée par IDC (2) : 44 % des entreprises en France sont sensibilisées à une approche DevOps. « Avec la transformation numérique : les « Dev » et « Ops » voient en effet leur mode de fonctionnement remis en cause. Ce bouleversement organisationnel se traduit par une intensification de leur collaboration, imposant le partage d’un langage commun », souligne IDC.

Les avis convergent : réconcilier les enjeux de transformation numérique avec les contraintes de la production informatique est un facteur clé du succès d’un projet de digitalisation. « Le DSI a été notre meilleur allié », indique ainsi Sylvain Rogé, CTO du groupe Loxam. « C’est grâce au soutien du DSI, que nous avons obtenu les budgets demandés. S’il y a bien un enseignement à retenir de notre expérience, c’est que la DSI et la production doivent être de parfaits alliés pour mener à bien un